03/01/2006

La Dame blanche; non ce n'est pas seulement une (délicieuse) glace!

 

Les "dames blanches" sont des fantômes assez courants dans les anciennes histoires de revenants.

Elles sont très répandues en Europe et portent des noms différents suivant les régions. Les "Lavandières de la nuit", "Witte Wieven", "Les sorcières du brouillard", "La Dame Musicienne" etc. .
Ces "Dames" se rencontrent surtout les nuits de brume, de lune, de légère brise, au pied des vieux arbres ou au bord des fontaines.
La "Dame Blanche" apparaissait aussi comme suspendue au-dessus de l'abîme, par les tristes soirs de novembre. Sa longue robe blanche et ses cheveux flottants ondoyaient à travers le brouillard, parmi les tourbillons déchaînés des rivières ; les roches qu'elle avait frôlées se crevassaient et les buissons effleurés, roussis, se desséchaient instantanément.
Voici ce qu'en dit Anatole Le Braz, dans le tome premier de sa "La Légende de la Mort".

"En Bretagne comme en Irlande, la confusion s'est produite de bonne heure entre les personnages purement fantastiques et les fantômes. C'est ainsi que les formes redoutables, primitivement engendrées par la peur des ténèbres, sont, à la longue, devenues des morts. Les Kannerezed-noz (lavandières de la nuit) qui, d'abord ont dû être des fées des eaux, passent aujourd'hui pour tordre le linge des morts, sur la berge des étangs ou la margelle des fontaines, aux creux des vallons déserts."
La Dame Blanche peut être liée dans la région du Poitou, à la fée Mélusine, moitié humaine, moitié poisson. La fée, par ses cris lugubres et ses gémissements, annonçait la mort prochaine des Lusignan et des rois de France.
En Allemagne, la dame blanche apparaît (sic) aux membres de la famille de Brandebourg, la veille de leur mort.
Ces dames se retrouvent aussi dans les légendes grecques et dans les sagas celtiques. Il est vraisemblable que leurs origines remontent loin dans la préhistoire.
Dans la région de Vries (Pays-Bas), encore pendant les années cinquante, les femmes marchaient à l'emplacement de tumulus, car selon d'anciennes croyances, c'était un rite de fertilité. L'on considérait ces emplacements comme la demeure des Dames Blanches, et des puissances souterraines. En Irlande, ce sont les Tùatha Dé Dànan ("gens de la déesse Dana") qui occupent les Tumulus et combattent contre les Fomoire, les démons inhérents à la terre d'Irlande. Dans les Edda, les sagas mythologiques nordiques, les Witte Wiven seraient apparentées aux Walkyries. Elles sont toutes les deux apparentées à la mort. Les Walkyries soignent et servent les guerriers morts aux combats, les Lavandières de la Nuit soignent et lavent le linge des morts. Malgré que, à la différence des Walkyries, elles n'ont aucun lien avec les dieux ou déesses.

Les lavandières de la nuit à Heindonk-Brabant -Belgique

La mère de Net Huyghe racontait qu'elles lavaient le linge quand on le préparait le soir, avec de la nourriture et des boissons.
Mais on ne pouvait pas venir voir sous peine qu'il ne se passait rien. Evidement !


La Dame blanche des bords de la Senne à Eppegem Brabant-Belgique.

Elle s'en prenait surtout aux personnes âgées qui s'aventuraient le long de la rivière, par épais brouillard. Cette rencontre se terminait par la noyade.
Le pas hésitant, le brouillard qui gomme toute différence entre la berge et la rivière.
L'accident est hélas, vite arrivé…

Et si les apparitions des "auto-stoppeuses" (voir post du 27/11) n'étaient qu'un avatar supplémentaire des dames blanches ?


Les histoires que l'on rapporte aujourd'hui concernant les auto-stoppeuses fantômes, poldergeist etc. sont le reflet de notre société, mais peuvent trouver leurs racines dans le mythe des "Dames Blanches".   L'apparition des auto-stoppeuses appartient à la catégorie des "revenants" qui hantent les abords de l'endroit où ils sont décédés, le plus souvent à la suite d'un crime impuni ou de mort violente.
Effectivement, les histoires d'événements surnaturels que nous lisons aujourd'hui dans la presse, ou qui servent de trame à des films ou des feuilletons télévisés, alimentaient les conversations de nos arrière-grands-parents, mais sans le scientisme qui en est aujourd'hui souvent le prétexte.

D'après G. Timmermans.

 



18:28 Écrit par warmax | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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